Le restaurant est fermé en juillet et en août. Il rouvrira le 5 septembre.

A l’origine de L’Ange Gardien, se trouve le Babbelkot, connu aujourd’hui sous le nom de Restojet, près de la gare. Il s’agit d’une initiative d’Hubert Hendriks (instituteur retraité du Collège Saint-Pierre) qui, à l’occasion d’une distribution de repas dans les gares (il y a plus de 25 ans déjà), fut sensibilisé aux problèmes que rencontraient les sans-abris bruxellois. Dans un premier temps, M. Hendriks concentra son énergie à réunir de l’argent pour constituer les garanties locatives de ceux qui voulaient louer un logement.
Ensuite l’idée lui vint de créer un lieu de restauration (le Babbelkot de l’ange gardien) où les personnes en situation précaire puissent venir prendre un repas (pour 50 francs à l’époque). Le Babbelkot s’est ouvert en 1993. Actuellement, il est géré par l’asbl Monfort Center et porte le nom de Restojet[1] . Des repas y sont servis tous les jours de la semaine (de 12h à 14h) pour la modique somme de 2,50 euros. Certains jours de la semaine, des activités culturelles, ludiques et artistiques y sont organisées.
[1] RESTOJET (ex Babbelkot), situé au 36 Place Cardinal Mercier
A la fin des années 90, M. Hendriks se lança dans un nouveau projet : aménager un immeuble[1] lui appartenant en un restaurant social au rez-de-chaussée et quatre appartements à loyer modéré aux étages (l’idée étant d’ouvrir les w-e).
Pour financer l’aménagement du restaurant, M. Hendriks a fait tout naturellement appel aux professeurs du Collège Saint-Pierre afin de mobiliser leurs élèves dans un grand projet de solidarité : ainsi est née la mémorable Marche 2000 (28/04/2000), rassemblant 5000 élèves venant de différentes écoles jettoises. Le programme de cette journée de solidarité n’eut rien de triste : entre les concerts de djembe, de rap, d'artistes tels que Marka, Kazoo, Tess ou Mika, les parades et les lâchers de ballons, le pique-nique festif et les jongleries, les écoliers et leurs parents n'ont pas eu une minute pour s'ennuyer. Pour clôturer l'opération, une vente aux enchères eut lieu quelques jours plus tard à l'école La Sagesse à Ganshoren. Des disques et des planches de dessins originales dédicacées par les chanteurs et les auteurs de bandes dessinées furent mis en vente. La somme récoltée a finalement permis d’acheter du nouveau mobilier, d’installer une cuisine professionnelle, de décorer chaleureusement les murs, ... Certains professionnels adhérant au projet ont même proposé des prix très compétitifs pour le gros œuvre.
Depuis la marche de l’an 2000, 5 appartements ont été rénovés. Ils sont mis en location pour un loyer très modique à des personnes en situation précaire. Les bénéfices qui pourraient venir de ces loyers perçus sont réinjectés dans le projet.
Il y a plus de neuf ans, M. Hendriks a eu l’occasion de doubler la surface du restaurant car le coiffeur qui occupait les lieux a pris sa retraite (au numéro 13 de l’avenue Secrétin) : jusqu’en 2020 de 75 à 90 repas y étaient (hors crise Covid) préparés chaque samedi et chaque dimanche.
Depuis la rentrée 2022, une épicerie sociale a vu le jour et remplace une des deux salles de restaurant. Le nombre de repas servis (dont 2 ou 3 halal selon la demande) augmente sans cesse en parallèle avec la précarité croissante.
Le prix du repas reste toujours très modeste (adulte 5 € / enfant 2,5 € ou gratuité) ce qui permet aux gens qui ont des revenus très modestes ou qui vivent dans la solitude de venir prendre un bon repas dans la chaleur et la convivialité. Ceux qui ne savent pas payer cette somme sont tout de même les bienvenus et reçoivent gratuitement un repas ; à chaque service, 3 à 5 repas gratuits sont servis. Un système de « réquisitoire » permet aux bénéficiaires du CPAS de manger gratuitement (le CPAS remboursera ensuite l’Ange Gardien).
Des repas « spéciaux » sont servis aux grandes fêtes chrétiennes : Toussaint, Noël, Pâques et Ascension.
Du mercredi au dimanche (de 8h à 11h30), l’épicerie sociale installée dans les locaux du restaurant ouvre ses portes. Ce projet a vu le jour à la rentrée 2022 pour aider les gens dans le besoin en vendant à tout petits prix des denrées alimentaires ainsi que pour payer les factures de l’Ange Gardien. En effet, le prix des 40 repas par we (200 euros) ne suffisait plus à payer le gaz et l’électricité. Le pain, les viennoiseries, les gâteaux et certaines denrées (selon les arrivages) sont, quant à eux, distribués gratuitement.
Depuis peu, des articles non alimentaires (hygiène et entretien) sont également mis en vente à des prix très avantageux (couches enfants et adultes, rasoirs, déodorants etc.)
Huit à douze personnes bénévoles travaillent chaque week-end à l’Ange Gardien. Il s’agit surtout de dames pensionnées qui désirent mettre leur temps libre au service des autres et de personnes qui effectuent des peines alternatives (pour des méfaits qu’ils ont commis). L’expérience faite avec ces personnes est une réelle réussite (ils sont environ une dizaine à faire partie de l’équipe des bénévoles) : certains reviennent d’ailleurs spontanément après leur peine pour donner un coup de main. C’est Zoltan, lui aussi bénévole, qui organisait les équipes, gérait les stocks… Zoltan a maintenant pris sa retraite mais il continue à travailler bénévolement. C’est Hubert Hendriks qui a pris le relais.
Pour la constitution des équipes, la volonté est de mêler les âges, les niveaux d’étude, les cultures. Ce qui fait la richesse et la force d’une équipe (comme au foot) c’est sa multiculturalité : on est tous différents mais quand on se respecte à travers nos différences et qu’on a les mêmes objectifs, on obtient toujours d’excellents résultats.
[1] L’Ange Gardien, avenue Secrétin, 11-13